La transition énergétique, c’est maintenant

Nous sommes en train de vivre une révolution énergétique, qui pourrait réduire – voire inverser les effets du changement climatique, offrir une multitude de nouvelles opportunités d’emploi et d’éducation dans le monde entier et améliorer la qualité de vie de milliards de personnes.

De plus en plus de pays s’engagent à atteindre l’objectif du zéro carbone, c’est-à-dire le point auquel la quantité de dioxyde de carbone (CO2) rejeté dans l’atmosphère par l’homme est globalement équilibrée par la quantité de CO2 éliminée. Pour y parvenir, nous devrons abandonner les combustibles fossiles au profit de sources d'énergie plus propres. Les énergies renouvelables et durables nous permettront de passer du pétrole, du charbon et du gaz au vent, au soleil, à l’eau et aux nouvelles technologies émergentes. C’est un processus essentiel si l’on veut éviter des dommages catastrophiques. Le secteur de l’énergie, dominé par les combustibles fossiles, est responsable de 73% des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. En abandonnant ces combustibles, on peut réduire considérablement l’impact de l’homme sur l’environnement et progresser à pas de géant vers un avenir net zéro.

C’est un moment important

La transition énergétique aura lieu malgré les chocs géopolitiques et économiques de la guerre en Ukraine. Jusqu’au conflit, la Russie était le deuxième producteur de gaz et le troisième producteur de pétrole, représentant respectivement 17% et 12% de la production mondiale. Le nouveau plan de l’Union européenne visant à cesser l’importation du pétrole russe entraînera une hausse des prix de l’énergie à court terme, mais la poursuite de la transition énergétique reste judicieuse d’un point de vue économique. C’est la raison pour laquelle les grandes entreprises énergétiques du monde se tournent vers les énergies renouvelables. Mais on doit accélérer la transition pour que la hausse des températures mondiales reste inférieure à 1,5°C. La question qui se pose à court terme est : comment ?

La transition énergétique ne se résumera pas à un scénario unique pour tous. Chaque région du monde sera confrontée à ses propres défis pour passer à un niveau net zéro. Un rapport de l’ONU de 2021, par exemple, a souligné la nécessité pour les pays de l’OCDE de montrer la voie en matière de charbon, en abandonnant son utilisation d’ici à 2030, les pays non membres de l’OCDE devant suivre d’ici à 2040. Pourquoi ? Parce que les pays plus riches ont les ressources nécessaires pour effectuer une transition plus rapide, avec la possibilité d’investir dans les infrastructures et les emplois essentiels.

Mais il est primordial que personne ne soit laissé pour compte et que tous.tes les habitant.e.s de la planète aient les moyens de tirer parti des possibilités offertes par la transition énergétique. Selon les prévisions, les pays du Sud devraient produire 70% de l’énergie mondiale d’ici à 2040, en raison du développement de leurs économies et de leurs populations. Et, bien que peut-être plus lente, la transition se produit aussi dans ces pays, avec un énorme potentiel pour les technologies solaires et éoliennes qui offrent aux communautés rurales, non raccordées aux réseaux, une énergie accessible et bon marché.

Nous devons faire pression pour une transition plus rapide

Un nouveau rapport du Forum économique mondial (FEM) donne un aperçu de ce qu’il faut faire pour maintenir l’élan de la transition énergétique. Par exemple, la priorité devrait être de « protéger les personnes les plus vulnérables par des mesures de soutien appropriées, de manière à encourager une consommation efficace. » L’IEA propose aux Européens de réduire de 1°C seulement la température de leurs thermostats dans les maisons et les bureaux. Cela permettrait de réduire la demande en gaz d’environ 10 milliards de mètres cubes par an, soit 7% des importations annuelles de l’Europe en provenance de Russie.

Le FEM recommande également aux pays de redoubler d’efforts pour diversifier l'approvisionnement et les sources de leur énergie. Un nouvelle diversification devrait inclure davantage d’énergie domestique provenant d’alternatives à faible teneur en carbone. Et cela peut se faire plus tôt car « la volatilité du marché de l’énergie et les contraintes de sécurité offrent l’occasion de donner un coup de fouet à la transition en stimulant la demande d’énergie propre et en encourageant une consommation d’énergie plus efficace de la part des industriels et des consommateurs en bout de chaîne. »

C’est là que l’on peut jouer les perturbateurs ou ceux qui adoptent. De nouvelles entreprises durables peuvent tirer parti des nouvelles possibilités qui s’offrent à elles. La société danoise Orsted est le plus grand développeur d’éoliennes offshore, tandis que First Solar, aux États-Unis, innove dans le domaine de l’énergie solaire. Alors que les entreprises existantes prennent du temps à changer de cap, les nouvelles entreprises qui sont immédiatement opérationnelles dans le nouveau paysage énergétique vont prospérer. Prenons l’exemple d’Elon Musk qui, bien que souvent controversé, est devenu un pionnier de la voiture électrique, devançant les constructeurs automobiles établis qui ont mis une demi-décennie à le rattraper.

Il faut que nous soyons tous à bord

Pour que la transition énergétique s’accélère, nous devons tous être prêt.e.s à adopter les nouvelles technologies. La voiture électrique en est un exemple : après des ventes record en 2021, les ventes mondiales ont augmenté de 75% depuis le début de l’année par rapport à l’année dernière. C’est un signe de progrès dans le changement de comportement et de l’adhésion des consommateurs à l’économie de transition. Pour atteindre le niveau net zéro, nous devrons également modifier les systèmes afin de faciliter ces changements de comportement : à mesure que nous adapterons nos modes de vie, des infrastructures de grande envergure (telle que les réseaux de chargement des voitures électriques) devront le rendre possible.

Cela signifie que nous avons besoin d’une réflexion pro-transition implantée partout, du dialogue international aux politiques gouvernementales, à la recherche universitaire et au secteur privé. Contrairement à certains clichés, les recherches montrent que les générations plus âgées et plus jeunes sont toutes deux préoccupées par le changement climatique : les baby boomers (74%) et la génération Z (71%) conviennent que des changements comportementaux et économiques sont nécessaires pour lutter contre le changement climatique. Mais ce sont surtout les jeunes adultes qui peuvent être à l’origine d’une politique et d’un esprit d’entreprise transformateurs. Le moment est venu pour les générations plus âgées de passer le flambeau et de partager leur expertise, afin de donner à la prochaine génération d’acteurs.trices du changement les moyens de faciliter une transition énergétique plus rapide et couronnée de succès.